Etre autonome ? Interview de l’APEC

Il y a quelques mois, j’ai été contactée par une journaliste de l’APEC en tant que jeune diplômée afin de donner mon avis sur une thématique de mon choix. Parmi les différentes options proposées, j’ai eu envie de témoigner sur l’aspect le plus important de mon poste, à savoir l’autonomie.

Pour aussi originale que fut l’expérience, c’est bien la photo réalisée par un photographe professionnel qui m’a le plus amusée ! La demande était de se mettre en situation avec un objet témoin d’une passion, j’ai donc choisi la cuisine version OO7 :)

“L’autonomie c’est être  libre, avec une obligation de résultats “

J’ai dû rapidement développer mon autonomie au travail puisque, bien qu’ayant un manager référent à qui je peux m’adresser, je gère seule le département communication de la société où j’évolue.

Dans mon domaine d’activité, personne ne peut réellement me conseiller ou m’opposer des idées, j’utilise donc tous les moyens à ma disposition pour trouver seule les informations dont j’ai besoin. D’autant que j’ai une obligation de résultats.

Bien sûr, j’apprends beaucoup aussi de cette autonomie. J’ai découvert, depuis que je travaille, ma capacité à mener un projet depuis sa phase de réflexion jusqu’à sa mise en œuvre. Pour convaincre ma hiérarchie de la pertinence de mes idées, j’utilise des outils familiers pour eux, je dresse des quasi business plan pour les présenter. Je n’hésite pas non plus à revenir à la charge, lorsque je sens qu’un ” non ” opposé à une de mes idées était un peu rapide. 

L’article original est consultable sur ce lien.

3 sites français sur 4 abandonnés en 2011 !

… ou plus précisément, pour expliciter ce titre racoleur, 73% des sites français n’auraient pas été mis une seule fois à jour cette année ! Ce chiffre évifiant provient d’une enquête d’Email-Broker, une société spécialisée en marketing interactif, qui fourni quelques autres statistiques assez surprenantes et dresse un panorma de l’activité communication online dont personnellement je n’avais pas connaissance.

- Il y a 2,6 millions de sites internet en France (déjà, j’aurai parié sur davantage !)

- Parmi eux, on retrouve 2,2 millions de sites à vocation professionnelle (créés dans le but de promouvoir un produit ou service, une marque ou une entreprise…)

- Chose étonnante, on retrouve tout de même 149 000 sites internet issus du service public ! Si l’enquête ne précise pas la typologie de ces sites, on peut raisonnablement penser qu’une grosse partie d’entre eux correspond à la promotion de villes et villages de France, qui ont chacun le leur… Quand on a une idée du coût de développement d’un site en moyenne (entre 2000 et 8000 € pour un site vitrine plus ou moins évolué) et qu’on se dit que des économies d’échelle pourraient facilement être réalisées pour des sites présentant finalement peu ou prou les mêmes informations locales, un marché cible se dessine rapidement !  36 700 communes en France + 2 600 EPCI (Etablissements Publics de Coopération Intercommunale) de type SIVOM, Communité d’Agglomération, Communauté de communes… Ca fait au minimum 40 000 sites internet ! Soit 26 % des sites internet issus du service public… Donc entre 80 et 320 millions d’euros de coût de création de sites publics qui auraient pu être centralisés afin de réaliser quelques menues économies d’échelle… Je laisse ouverte la porte du dialogue sur ces chiffres bien entendu.

- 71 % des sites français sont des sites vitrines, contre seulement 29% dynamiques (soit sites marchands, sites de réseaux professionnels ou privés, forum, blog…)

 - Les blog, justement, s’ils sont dans toutes les conversations lorsque l’on parle de communication d’entreprise, ne représentent en volume “que” 4 % du total des sites français… alors que leur puissance est énorme, accolée à celle des forums, comparateurs de prix et autres participations des internautes  (57% des consommateurs consultent les avis d’internautes avant achat selon une enquête Métriamétrie de 2010).

- 71 % des sites diffusent des informations illégales en ligne (absence de mentions légales, informations confidentielles…). Les mairies sont les plus mauvais élèves d’ailleurs !

- Pas de surprise pour les deux régions les plus fertiles en création de sites, qui sont aussi les plus dynamiques en termes de contribution économique au PIB français: Paris – Ile de France et Lyon. Par contre,  c’est Lille qui se classe sur la 3ème marche du podium !

Etant donné le travail herculéen nécessaire à l’obtention de cette cartographie la plus exhaustive et rigoureuse possible, rendons compte de leur méthode de travail de façon précise.  ”Depuis 2009, nous avons recensé l’ensemble des sites professionnels français en les collectant via différents canaux : noms des entreprises et codes postaux, extensions officielles (.fr, .com, .net…), villes et villages de France, professions, numéros de téléphone, requêtes automatisées sur les moteurs de recherche…”, explique William Vande Wiele, fondateur de la société.

“Cette immense collecte nous a apporté deux trilliards de Gigabytes de données brutes.”, ajoute-t-il. Email-Brokers a ensuite nettoyé cette base en validant individuellement chaque adresse Internet, puis en analysant le contenu de chaque site (structure, dernière date de mise à jour, nombre de pages…) via un logiciel spécialisé.

Une étude surprenante qui permet de mettre en lumière de nombreux axes de développement pour atteindre une utilisation vraiment pertinante et efficace de l’outil internet dans l’économie française !

De la communication dans les airs !

Malgré des limitations évidentes pour la communication des EC et des CAC, des fenêtres de tir, si j’osais dire, s’ouvrent pour ces professions règlementées.

Le nouveau code de 2007, c’est aussi l’autorisation officielle d’aller au-devant des prospects. Entendez par là le droit de communiquer son propre savoir-faire par rapport aux spécificités d’une cible. « Leur participation à des colloques, séminaires ou autres manifestations universitaires ou scientifiques est autorisée dans la mesure où elles ne se livrent pas, à cette occasion, à des actes assimilables à du démarchage ». C’est ainsi à cette époque que plusieurs cabinets de taille moyenne (entre 3 et 7 millions de CA selon la classification de la revue La Profession Comptable) se sont dotés de compétences en communication, en internalisant la profession de chargé de communication / marketing ou, plus rarement, en faisant appel à des agences de communication. En effet, si les Big et consorts nationaux possèdent depuis longtemps des services entiers dédiés à la promotion de l’offre du cabinet (notamment parce que grâce à leur taille, la diversification des activités était plus aisée, et la communication sur ces nouveaux métiers évidente).

Enfin, une vraie révolution au sein des cabinets s’est également faite en avril 2011. Fiducial, l’un des grands acteurs de la profession en France et dans le monde (13 000 collaborateurs), a soulevé un lièvre afin d’annuler le principe d’interdire la prospection des cabinets. Rappelez-vous, le code de déontologie de 2007 interdisait toute activité de démarchage, quelle qu’en soit la forme, les moyens ou le contenu. La Cour de justice de l’Union européenne dans une décision du 5 avril 2011, s’est conformée à l’avis de Fiducial, qui avait saisi le Conseil d’Etat pour faire invalider le décret d’homologation du Code de déontologie. En effet, cette interdiction absolue était contraire à la directive européenne du 12 décembre 2006, qui régit le marché des services sur le territoire de l’Union Européenne (communément nommée la directive « services »). Sous cette réserve, les États membres demeurent cependant libres d’encadrer le contenu et les modalités des communications commerciales afin que celles-ci, selon les termes de la directive, respectent les règles professionnelles « qui visent notamment l’indépendance, la dignité et l’intégrité de la profession ainsi que le secret professionnel, en fonction de la spécificité de chaque profession » (article 24). Les règles édictées à cet effet doivent être non discriminatoires, justifiées par une raison impérieuse d’intérêt général et proportionnées. Elles ne peuvent être absolues et priver les membres de la profession réglementée de toute possibilité de communication commerciale.

Reste maintenant au Conseil d’Etat, qui avait interrogé la Cour Européenne sur cette question, à se positionner pour une modification de l’application de la loi sur le territoire français, puisque les directives n’ont pas autorité pour agir dans chaque Etat. Pour le moment, le flou qui règne encore n’est pas encore résolu, mais parions que les professions règlementées sont en bonne voie pour ne plus l’être autant, tout au moins sur leur communication !

Professions règlementées… un lourd passé de non-communicants

Dans un monde hyper médiatisé où l’on considère que sans plan de communication une entreprise n’a guère de chance de trouver le chemin de la réussite, les cabinets d’expertise comptable et d’audit font figure d’extraterrestres, au même titre que nombre professions règlementées. Pourtant, depuis quelques années, on peut observer une réelle inversion des tendances.

Historiquement, non seulement les professions du chiffre (puisque c’est d’elles dont il s’agit sur ce blog) n’avaient pas le droit de communiquer vers leur public de quelque façon que cela soit, mais de toutes manières elles n’en n’avaient guère besoin. Le bouche-à-oreille et l’intégration dans les réseaux professionnels suffisait amplement à remplir des agendas quasi-ministériels et les associés ne se formalisaient pas forcément de ne pouvoir jouer avec les mêmes armes que leurs clients sur la bataille du « parler pour être entendu », sur la guerre de « plus on me voit dans les médias mieux je vends ».

Rappelons historiquement les faits…

Le texte fondateur de nos professions est l’ordonnance du 19 septembre 1945 (qui régit l’organisation comptable en France et dont l’application est surveillée par l’ordre des experts-comptables – CSOEC). La bonne tenue des comptes des entreprises (et par conséquent des taxations qui leur sont imposées!) devient ainsi une obligation légale autant qu’un devoir d’intérêt général pour la profession.  Dans le contexte d’après-guerre, la réglementation de la profession est ainsi un moyen de contribuer au redressement de l’économie du pays.

L’ordonnance du 5 novembre 1992, qui elle-même était une actualisation de celle du 1er octobre 1962 indique en effet dans l’article 6 que « L’expert-comptable et financier ne peut effectuer aucune publicité qui puisse nuire à l’éthique professionnelle pour la prospection de la clientèle ». >>  La première limitation de communication de la profession, contrainte.

Basé sur l’ordonnance de 1945, puis de ses actualisations,  le code de la déontologie des experts-comptables définit plus précisément le champ du métier, notamment sur un plan éthique. Imposant une formation spécifique et le fait de prêter serment devant le CSOEC, la déontologie protège depuis des décennies le métier d’expert-comptable (et celui de commissaire aux comptes). Ceci est d’ailleurs une exception française dans le paysage européen et même mondial de la comptabilité : les autres pays laissent le droit à d’autres professions comme les avocats ou les banquiers par exemple, le soin de gérer et vérifier les comptes des sociétés. Ce protectionnisme de la profession a permis aux cabinets français d’être défendus contre une concurrence extérieure, étant les seuls habilités à tenir et certifier la comptabilité de leurs clients en France. >> La deuxième limitation de communication, cette fois-ci, choisie.

Il n’existe pas beaucoup de codes de déontologie officiels : Il y a notamment celui de la police, des architectes, des professions médicales…. Et les deux nous concernant : celui des experts-comptables et celui des commissaires aux comptes.

Le code des EC de 2007, actuellement en vigueur (mais qui changera probablement bientôt au vu des évolutions récentes évoquées plus bas…), cantonne encore une fois les envies de communication des experts-comptables à leur plus strict minimum. L’article 12, mentionne ainsi  qu’il est « interdit aux personnes mentionnées à l’article 1er d’effectuer toute démarche non sollicitée en vue de proposer leurs services à des tiers. »

Exit donc le démarchage, et, par conséquent, toute forme de prospection. Certes, les cabinets pouvaient organiser et participer à des petits déjeuners ou conférences, mais uniquement dans le but d’informer les participants, et sans s’autoriser une quelconque séduction à la fin de l’événement auprès des entreprises… « La pêche au gros, oui, à la ligne… hors de question » comme dirait un expert-comptable que je connais bien…

Exit aussi la possibilité alléchante, comme pour les assurances ou la grande distribution… de comparer ses atouts avec ceux de la concurrence. Le code est clair sur le sujet, la communication soit être «  décente et empreinte de retenue, que son contenu ne comporte aucune inexactitude ni ne soit susceptible d’induire le public en erreur et qu’il soit exempt de tout élément comparatif ». On ne dit pas qu’on est moins cher que le voisin, ni que nos collaborateurs sont plus diplômés chez nous qu’ailleurs etc…

Exit enfin, mais là c’est déjà plus rare d’organiser ce type d’événements j’en conviens, de faire simplement la promotion de son cabinet lors d’une conférence, puisque cela, en soit, n’apporte pas de valeur ajoutée aux participants « les actions de promotion sont permises dans la mesure où elles procurent au public une information utile. »

CRM ou GRC… pour quoi faire ?

Entre la consultation de son agenda papier mal rempli, de son smartphone perso qui tend à devenir pro, de ses mails sur Outlook où l’on use et abuse du champ “recherche” et d’un annuaire interne jamais à jour… retrouver les coordonnées d’un contact qui n’est pas client du cabinet relève quelque fois de la gageure. Pour avoir discuté avec plusieurs personnes de la profession dans divers cabinets, il s’avère la plupart du temps (plus d’une fois sur deux!), que pour les cabinets inférieurs à 30 personnes, la mise en place d’un outil de gestion des clients (hors Coala, Quadra Expert et consorts) reste du domaine du théorique.

Pour rappel, le CRM ou la GRC, c’est bonnet blanc et blanc bonnet: Gestion de la Relation Client ou Customer Relationship Management !
Pourtant, que la solution soit en mode SAAS ou hébergée par le serveur du cabinet, qu’elle soit libre ou payante avec un abonnement, qu’elle soit dédiée à la profession ou générique, elle est à mon sens indispensable. La possibilité de chercher un contact (prospect, prescripteur, confrère ou client) en rentrant seulement un bout de son nom, son prénom ou sa société est vraiment confortable !

Le plus difficile (c’est du vécu encore mal résolu pour ma part), c’est arriver à motiver les chefs / directeurs de mission à enregistrer les contacts dans la base CRM. Et là… si vous parvenez à rendre cet automatique automatique (c’est le cas de le dire !) vous avez pleinement réussi la mise en place d’un CRM !

Bon, maintenant, si quelqu’un a une idée quant à comment motiver les troupes sans que cela vire à la dictature, je suis preneuse !

By jconsigny Posted in CRM